Paris : le mètre carré dépasse 7000 euros

Le climat économique, social et financier incertain renforce la confiance des ménages dans l’immobilier comme valeur refuge, et dope le marché et les prix qui atteignent un nouveau record à Paris.

La faute à la crise. Le volume des ventes de logements anciens en Ile-de-France, en hausse de 23% au troisième trimestre 2010 (52.600 transactions), a rattrapé le niveau des meilleures années. Avec 182.400 logements cédés sur un an, on s’approche en effet des 185.000 ventes réalisées en moyenne dans les années 1999 à 2007.

Parallèlement, les prix ont poursuivi leur croissance pour atteindre un nouveau record. Dans l’ancien, les prix ont augmenté en moyenne de 10,6% sur un an en Ile-de-France. A Paris, ils ont crevé le plafond pour atteindre 7030 euros par mètre carré. Soit une hausse de 5,10% en trois mois et 13,80% sur un an.

« On aurait pu penser que les climats économique, social, financier qui ne sont pas encore complètement stabilisés auraient pu peser sur les ventes. En réalité il n’en est rien. Au contraire dans ce contexte, ces élements confirment la confiance dans l’investissement immobilier que ce soit pour se loger ou que ce soit à titre d’investissement pour louer », explique Christian Lefebvre, président de la Chambre des notaires Paris-Ile-de-France.
Selon lui, la volatilité des Bourses, les craintes des états, les craintes pour la retraite, la croissance de la population poussent les ménages à rechercher la sécurité en investissant dans la pierre.
Apaisemment souhaitable

Plus de 60% des locataires désirent par ailleurs devenir propriétaire. Un souhait d’autant plus fort en Ile-de-France que le nombre de propriétaire y est inférieur au reste de la France. « Les locataires paient, de plus, des loyers extrêment élevés et cherchent à bénéficier des taux d’intérêt historiquement bas pour compenser la hausse corrélative des prix », explique Christian Lefebvre dans une vidéo. La disparition annoncée de dispositifs d’aide à l’acquisition (déductibilité des intérêts d’emprunt, pass foncier...), est une motivation supplémentaire pour les candidats à l’acquisition.

Malgré un prix médian (autant de logement plus cher que de logement moins cher) au mètre carré qui atteint 5000 euros dans tous les arrondissements, ce qui est une première, la chambre des notaires n’envisage pas d’inversement de tendance dans les prochains mois. Les prix devraient donc poursuivre leur courbe ascendante jusqu’à la fin de l’année. Sur un an, la hausse devrait même atteindre 15% à Paris... et sans que cela impacte le niveau des ventes qui devrait rester soutenu grâce aux taux d’intérêt.
Evolution sur un an des prix des appartements anciens à Paris par arrondissement (valorisation des indices Notaires-INSEE)
Evolution sur un an des prix des appartements anciens à Paris par arrondissement (valorisation des indices Notaires-INSEE)

Les ventes devraient donc aussi maintenir leur rythme soutenu. Les crédits relais ont aussi repris leur cours, preuve d’une intensification de l’activité. « A long terme, la question du pouvoir d’achat des ménages reste entière, souligne cependant Christian Lefebvre, qui rappelle que les franciliens font déjà un effort financier considérable pour s’offrir un logement. Selon lui, la hausse des taux d’intérêt annoncée par certains économistes pour le deuxième trimestre pourrait permettre une régulation. « Un appaisement est souhaitable pour laisser le marché ouvert au plus grand nombre », affirme-t-il.

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