Comment réconcilier les français avec leur épargne

, par  Laurent L’Armorie , popularité : 59%

Cette année, il faut avoir des nerfs solides pour ne pas investir à contretemps. Le contexte économique et financier ne pardonne plus l’improvisation.

Investisseur échaudé craint l’eau froide. En un an, il a vu ses actions s’effondrer, ses sicav actions et ses contrats d’assurance-vie en unités de compte vaciller, et les prix de l’immobilier fléchir alors que la rémunération des sicav monétaires et du Livret A fondait. Certains ont jeté l’éponge, sortant complètement du marché boursier au plus mauvais moment. Pour s’en mordre les doigts quelques mois plus tard en assistant, déconfits, à un rebond violent des mêmes marchés d’actions. Rebond qui a ensuite marqué le pas. D’autres ont, au contraire, fait le gros dos, ont laissé des plumes dans l’aventure et se demandent aujourd’hui ce qu’ils doivent faire.

Les investisseurs sont ébranlés

Gérer un capital est plus compliqué qu’il y a quelques années. Il ne faut plus compter, pour lisser nos erreurs, sur la baisse des taux d’intérêt, qui a longtemps permis de réaliser de belles performances. Ce moteur n’est plus là et les experts s’interrogent sur la puissance de la reprise qui se dessine. Les certitudes martelées par les conseillers en gestion de patrimoine ont été ébranlées. On nous avait appris, graphiques à l’appui, que les actifs les plus risqués, c’est-à-dire les actions, rapportaient plus que les actifs moins risqués, c’est-à-dire les obligations et le monétaire. Depuis le début de l’année, cette hiérarchie des placements est la bonne. Selon Europerformance Six Telekurs, les sicav actions françaises ont vu leur valeur progresser de plus de 22 % entre fin 2008 et le 30 septembre 2009, tandis que les produits obligataires gagnaient dans le même temps 7,4 % et que les sicav monétaires faisaient quasiment du surplace avec une hausse moyenne de 0,84 %. Mais ce bilan valable sur neuf mois ne l’est pas sur une plus longue période. Sur quatre ou huit ans, par exemple, les sicav actions sont dans le rouge alors que les catégories supposées rapporter moins (obligations et monétaires) restent dans le vert. Simple aberration ou vraie remise en cause des « dogmes » de la gestion ?

Le très sérieux hebdomadaire Business Week titrait récemment : « Les marchés boursiers cherchent la bonne direction. » La couverture du magazine symbolisait la question : à l’endroit, elle montrait un investisseur gravissant les marches d’un marché boursier haussier, mais, en retournant le numéro, ce même homme les descendait. Deux parcours justifiés par des arguments économiques qui sonnaient aussi bien les uns que les autres...

Placer son épargne n’est donc pas une science exacte, mais ce n’est pas un casino non plus. Des règles simples permettent de limiter les mauvaises surprises en Bourse. Nous avons demandé à une dizaine de banques ce que leurs conseillers en gestion privée recommandent aujourd’hui à leurs clients. Des conseils que les lecteurs du Figaro Magazine peuvent mettre à profit dans leurs portefeuilles.

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