Le plafond du livret A serait relevé dès cet été

, par  Laurent L’Armorie , popularité : 59%

Cette promesse de campagne de François Hollande devrait faire l’objet de compromis. En janvier dernier, le candidat socialiste s’était engagé à « doubler », s’il était élu, le plafond du livret A afin de financer davantage de logements sociaux. Les fonds placés sur ce livret d’épargne, aujourd’hui plafonnés à 15.300 euros, pourraient donc atteindre 30.600 euros. Selon Le Parisien , un décret sur le relèvement de ce plafond devrait paraître avant l’été. L’enjeu de cette mesure est de taille : le livret A est resté en 2011 le placement préféré des Français. Les dépôts, qui sont actuellement rémunérés à 2,25%, ont atteint 21,6 milliards d’euros l’année dernière. Fin 2011, le livret A totalisait 206,6 milliards d’euros de fonds. L’année 2012 se présente d’ores et déjà comme une nouvelle année record. Sur les quatre premiers mois, l’encours du livret A a augmenté de près de 10 milliards d’euros (9,69), soit nettement plus (8,91) que sur la même période de 2011, qui reste pourtant comme le deuxième meilleur millésime de l’histoire, avec 17,38 milliards d’euros.

Paradoxalement, l’idée de relever le niveau de ce plafonnement est accueillie fraîchement par les banques et les compagnies d’assurances. Celles-ci peuvent pourtant conserver les dépôts effectués sur le livret A à hauteur de 35%, le solde étant reversé à la Caisse des dépôts (CDC) pour lui permettre d’accorder aux organismes sociaux de l’habitat (Opac, Offices publics de l’habitat...) des prêts à des taux privilégiés. Mais selon Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, le doublement du plafond inciterait vraisemblablement des épargnants à délaisser l’assurance-vie, dont la collecte s’est déjà effondrée l’an dernier, ou d’autres produits d’épargne bancaire dits de bilan. C’est pourquoi il a demandé que cette mesure soit appliquée de manière à laisser aux banques et aux assureurs le temps de s’ajuster « sans être mis sous tension ».
Un doublement étalé sur plusieurs années

De son côté, François Pérol, patron du groupe bancaire BPCE, a averti que cette mesure allait coûter cher à l’État, dans la mesure où « les Français vont transférer de l’épargne qui, aujourd’hui, est fiscalisée sur un produit qui ne l’est pas, le livret A ». Sur les 60 millions de détenteurs de livret A en France, seuls 9% ont atteint le plafond. « Ceux qui ont 15.000 euros d’épargne ailleurs, ils vont les prendre et les mettre sur leur livret A », a-t-il déclaré sur BFM Business la semaine dernière. Des inquiétudes que le gouvernement aurait l’intention de prendre en compte. Selon Le Parisien, il prévoirait finalement d’étaler sur plusieurs années le doublement du plafond.

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