Les actions

, par  Laurent L’Armorie , popularité : 59%

Une action (en anglais britannique : share, en anglais américain : stock) est un titre de propriété délivré par une société de capitaux (i.e. une société anonyme ou Société en commandite par actions). Elle confère à son détenteur la propriété d’une partie du capital, avec les droits qui y sont associés : Intervenir dans la gestion de l’entreprise et en retirer un revenu appelé dividende.

Le détenteur d’actions est qualifié d’actionnaire et l’ensemble des actionnaires constitue l’actionnariat.

Les actions ordinaires


Les actions ordinaires confèrent à leur propriétaire divers types de droits :

* Des droits d’ordre politiques (tous les droits extra patrimoniaux) : droit à l’information et droit de vote.

* Des droits financiers : Droit aux dividendes, droit aux réserves, droit au boni de liquidation.

* Des droits patrimoniaux : Les actions sont des biens meubles corporels, elles constituent un bien dans le patrimoine de l’actionnaire. Par suite, le droit de gage général des créanciers leur permet de les saisir ; l’actionnaire peut aussi les céder ou encore obtenir un crédit en les nantissant ; elles peuvent aussi faire l’objet d’un prêt (S’agissant de biens fongibles, le transfert de jouissance entraine le transfert de propriété..)

Les actions de préférence

Certaines actions peuvent avoir un ou plusieurs droits de vote, d’autres un dividende plus ou moins prioritaire, voire des titres alternatifs. On parle désormais d’action de préférence.

En France, avant l’ordonnance de 2004, il était possible aux sociétés par actions d’instaurer des actions privilégiées. L’objectif de l’ordonnance de 2004 était de supprimer toutes les différentes actions instaurant des privilèges et de n’en créer qu’une seule catégorie : les actions de préférence. Mais l’ordonnance n’est pas rétroactive, donc les actions de privilège subsistent, mais sont qualifiées d’actions par l’article L.228-28-8 du code de commerce comme titres en voie d’extinction qui vont être maintenues jusqu’à leur conversion en actions de préférence ou ordinaires ou par leur disparition due à celle de la société émettrice.

Les actions en voie d’extinction

* Les actions de priorité :
o Il s’agissait d’actions dotées d’avantages financiers (dividende préférentiel ou dividende supplémentaire voir dividende cumulatif). Le privilège pouvait aussi être d’ordre extra financier comme un droit d’information supplémentaire ou droit de consultation préalable avec la direction avant une assemblée générale. Ces actions de priorité étaient nécessairement dotées de droits de vote (ce qui n’est pas le cas d’une action de préférence)

* Les actions à dividende prioritaire sans droit de vote :
o En contrepartie d’un dividende minimum, le propriétaire du titre était dépourvu de droit de vote. En cas de non paiement pendant trois exercices de ce dividende prioritaire, le droit de vote était recouvert et maintenu jusqu’au versement des dividendes dus.

* Les certificats d’investissement :
o Ce sont des titres qui résultent d’un démembrement des droits attachés à l’action en deux titres différents : Le certificat d’investissement qui incorporait les droits financiers de l’action et un certificat de droit de vote qui va incorporer les droits de vote politiques attachés à cette action. Les certificats sont négociables et peuvent être nominatifs ou au porteur, alors que les certificats de droit de vote doivent être nominatifs. Ces derniers peuvent être cédés soit accompagné d’un certificat d’investissement soit au porteur d’un certificat d’investissement. La réunion des deux composants entre la même personne entraine la reconstitution de l’action.

Émission, cession d’actions

Les actions sont négociables, soit en bourse lorsque la société est cotée sur un marché, d’où l’utilisation parfois de l’appellation simplificatrice d’ action boursière, mais qui ne désigne effectivement que celles cotées sur une ou plusieurs des bourses existant dans le monde, soit de gré à gré.

Les actions sont émises en contrepartie des apports lors de la création de la société, ce qui permet de créer son capital social. Les détenteurs d’actions peuvent décider ensuite à tout moment d’en vendre une partie à d’autres investisseurs. La société peut émettre de nouvelles actions placées auprès de tiers actionnaire afin d’augmenter le capital. Dans ce cas, les actionnaires majoritaires peuvent perdre tout ou une partie du contrôle qu’ils ont sur leur société.

Pour faciliter de telles transactions, les actions des sociétés les plus importantes sont généralement cotées en bourse. Toute personne ou organisation peut à tout moment y acheter ou vendre les actions de diverses sociétés. Souvent, une société donnée ne fait coter ses actions que sur une seule bourse.

Cours et valeur des actions

Icône de détail Article détaillé : Cours boursier.

Le prix auquel s’échangent les actions sur les bourses est appelé le cours de bourse. Il varie selon l’offre et la demande, avec un système modérateur destiné à éviter que les cours ne soient trop erratiques.

On nomme par convention valeur d’une action son cours de bourse. Ce cours se rapproche plus ou moins (avec de grands écarts possibles, puisque l’offre et la demande font loi) des estimations de valeur faites par des méthodes théoriques d’évaluation d’entreprise. Ces méthodes ne peuvent donner qu’un cours potentiel estimé (ce que certains appellent la « valeur intrinsèque ») qui aide éventuellement l’investisseur en bourse à prendre ses décisions d’achat et vente.

Le problème de la valeur réelle se pose davantage en l’absence de cotation en bourse, donc de référence de prix. C’est là que les estimations théoriques de valeur peuvent servir de bases de négociation en cas de prise de participation.

La valeur d’une action


Icône de détail Article détaillé : évaluation d’action.

La valeur d’une action correspond à son cours de bourse. Il est le résultat de la confrontation de l’offre et de la demande de titres. Plusieurs méthodes d’évaluation sont à la disposition des investisseurs pour prendre une position sur l’action considérée.

* La valeur de bilan (patrimoniale)

Sur base des comptes annuels de la société, on peut déterminer une valeur qui, si la société a respecté les règles comptables, est relativement proche de la réalité. Pour cela on prend les fonds propres de la société (principalement le capital, la prime d’émission, les plus-values de réévaluation et les réserves) que l’on divise par le nombre d’actions.

* Les méthodes des multiples de résultats (comparables)

Cette famille de méthodes permet aussi d’estimer la valeur d’une société. En fonction de son secteur d’activité, il existe des coefficients qui permettent de déterminer la valeur d’une action. Par exemple, pour le secteur de la grande distribution, on considère que la valeur de la société correspond à 1,2 fois son chiffre d’affaires, on peut aussi prendre 4 fois les fonds propres, 8 fois l’EBIT (Earnings Before Interest and Taxes) ou 10 fois le résultat net (PER de 10).

* Les méthodes d’actualisation (Discounted Cash Flow)

Les méthodes du Discounted Cash Flow consistent à déterminer les cash flows futurs de la société et actualiser ceux-ci pour connaître la valeur actuelle de la société sur base des résultats futurs.

La valeur nominale


La valeur nominale correspond à la valeur de l’apport entrant dans la composition du capital social. Pour connaître la valeur nominale d’une action, il faut diviser le capital social par le nombre d’actions. Cette valeur ne présente guère d’intérêt. Il convient de signaler que le prix d’introduction ne correspond pas systématiquement à la valeur nominale. Le prix d’émission peut comprendre une prime d’émission.

Le rachat d’action

Une société peut racheter ses actions lorsqu’elle dispose de liquidités en surplus.

On a vu une société comme IBM, qui possède plus d’un milliard de titres, racheter une partie de ses propres actions. Bien entendu, comme cela fait autant d’actions en moins sur lesquelles répartir les dividendes décidés à l’exercice suivant, cela a pour effet mécanique de faire remonter le cours de l’action. De plus, cette manœuvre permet d’améliorer le bénéfice net par action (BNPA) ce qui est bien vu par les marchés financiers et contribue à la hausse des cours.

Le split

Au-dessus d’un certain cours, la liquidité du titre s’affaiblit pour les petits porteurs, qui hésitent ainsi à acheter ou vendre de grandes sommes à la fois. IBM réalisa donc aussi des splits ou division de nominal, remplacement d’une action ancienne par deux nouvelles actions de nominal divisé de moitié. C’est une opération blanche même si elle peut être ressentie comme l’envoi d’un signal informationnel par l’entreprise au marché (par exemple indice de prévision d’une croissance future imminente).

Le rachat théorique par une société de la moitié de ses propres actions (et leur destruction subséquente conformément à la loi) suivi d’un split de deux pour une ne modifierait pas le nombre d’actions, mais serait particulièrement onéreux pour l’entreprise. En revanche, la première partie de l’opération ferait monter les stock-options possédés par les dirigeants de l’entreprise, opération qui suivie de vente constituerait une démarche frauduleuse (voir Délit d’initié).

Contenu soumis à la GFDL. Source : Article Action (finance) de Wikipédia en français (auteurs)

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