Placements : ce qui a changé depuis la crise

, par  Laurent L’Armorie , popularité : 59%

Moins riches et aussi plus méfiants. Les investisseurs particuliers ne sont plus tout à fait les mêmes. Le krach boursier, l’affaire Madoff, les déboires des banques et les larges distributions de bonus qui ont choqué ont fait perdre une certaine naïveté aux épargnants.

Ils sont devenus des investisseurs plus méfiants et plus regardants. Plus compliqués aussi à gérer pour leurs conseillers habituels. Car ils veulent comprendre les produits financiers dans lesquels ils investissent et sont devenus plus pointilleux sur les frais. Douchés par le krach, ayant pour la plupart manqué le rebond des marchés d’actions l’an dernier, la plupart des investisseurs restent très prudents. Le phénomène n’est d’ailleurs pas strictement français. « Les clients ne veulent plus investir dans ce qu’ils ne comprennent pas, ils posent beaucoup plus de questions qu’avant », explique par exemple Magne Orgland, associé-gérant de la banque privée suisse Wegelin & Co.


Peu de goût pour le risque

Selon une étude qui est présentée ce mardi par Fidelity et qui a été conduite dans 11 pays différents, les Français continueraient pourtant à suivre les recommandations de leurs conseillers financiers… bien qu’ils aient souvent du mal à comprendre le vocabulaire employé par leur banquier.

Pour faire prendre aux particuliers le chemin des actions, beaucoup d’établissements proposent des placements hybrides de compromis. Aujourd’hui, ils mettent par exemple en avant leurs sicav investies en obligations convertibles, à mi-chemin des actions et des obligations, et lancent à nouveau des fonds à formule pour participer à une partie de l’évolution des actions sous telle et telle condition (mais où seule une partie du capital est garantie).

Certains conseillers financiers ont eux aussi été échaudés par ces deux dernières années : les conseillers des grands réseaux bancaires comme les gestionnaires de patrimoine indépendants doivent en effet gérer le « service après-vente » quand un épargnant a perdu une partie de ses capitaux en Bourse. Et ce n’est pas ce qu’ils aiment le plus, il n’est jamais facile de se retrouver face à un client mécontent ! Pour beaucoup, faire prendre des risques à leurs clients ne va plus de soi.

Les particuliers semblent encore tétanisés par la volatilité des marchés et ne sont pas prêts à prendre des risques. Beaucoup ont encore d’importantes liquidités sur leurs comptes courants. L’investisseur 2010 n’est pas un client facile.

Les banques savent que la demande a évolué et qu’elles doivent s’adapter. Pour mieux cerner les attentes, elles sont nombreuses à sonder les particuliers. Une autre étude parue la semaine dernière et menée cette fois par TNS Sofres pour le compte de HSBC brosse, elle, le tableau de ce qu’attendent les clients des banques sous un angle particulier, celui du développement durable. Elle a été menée en France auprès d’un échantillon de 10 000 personnes entre le 2 et le 16 mars 2010. Pour 96% des personnes interrogées, ce qui compte le plus, c’est qu’une banque fournisse à ses clients une information honnête et transparente. Les établissements financiers savent maintenant ce sur quoi ils seront jugés.

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